07.11.06

Réflexion ou séduction, quelle est la meilleure façon d'amener les gens à l'art et à une véritable réflexion à son sujet ?

Voilà je prends les devants tout en réexpliquant à ceux qui viennent d'arriver que cet article constitue une ramification de l'article précédent, sur "Faire de l'art pour les gens qui n'aiment pas l'art, ça serait quoi ?", je fais juste une proposition pour varier un peu les plaisirs et les formes de raisonnements que pourrait engendrer ce blog, ce qui serait sympas c'est de dialoguer sur cet article à la manière d'un débat "pour ou contre", on donne son avis puis on le justifie.
Biensûr on peut être pour les deux dans ce cas on fait deux commentaires un pour la séduction et un pour le raisonnement et l'explication.

Posté par donnedugout à 16:26 - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Réflexion ou séduction, quelle est la meilleure façon d'amener les gens à l'art et à une véritable réflexion à son sujet ?

    non

    Extremement désolé de devoir jouer les troubles fêtes.
    plusieurs choses:
    - y'a t il vraiment des gens à qui l'art provoque de violentes réactions cutanées?
    - si ces gens existent, pourquoi vouloir à tout prix les réconcilier avec l'art?
    - faut il aimer l'art?
    - pourquoi?

    Encore une fois je m'excuse donc, de ne pas suivre les prérogatives qui nous sont données ici...( par un total inconnu), mais cette forme de débat (pour ou contre) me donne des allergies (pour le coup) et me rappelle non sans me chagriner une forme un peu télévisuelle et pauvre de l'idée de réflexion.
    Je vous propose de ne pas "recentrer" le débat. Merci.

    Posté par quelqu'un, 08.11.06 à 15:39 | | Répondre
  • encore quelqu'un

    desolée pour la fin un peu tragi-comique de mon dernier commentaire... je sens que j'offence, et même peut être que j'empêche les choses d'avancer.
    Je vais donc tenter de suivre la rêgle du jeu.

    SEDUCTION
    "séduire pour emmener les gens à l'Art", je suis tentée d'entendre par là: utiliser des formes de séductions ésthetiques dans mon travail (par exemple des codes trés convenus de communication, ou des formes conventionneles de representation), qui vont permettre aux "allergiques" de l'art contemporain de "reconaître" une forme d'Art: "ah oui ça c'est ce que j'appelle de l'art... c'est beau, et on comprend ce que l'artiste nous raconte".
    Si j'utilise cette forme de séduction et que je ne veux pas participer à la société du divertissement (pour ne pas dire société du spectacle), il ne faudra pas que j'oublie d'opperer une distorsion. Si j'utilise cette forme de séduction il ne faudra pas que j'oubli d'être un peu perverse, que cette utilisation soit une part du discours critique qui accompagne l'oeuvre... "qu'est ce que je vend?".
    Je vous donne envie de voir, envie d'acheter, ou envie de comprendre(mon travail) voire d'adherer (je sais que ce mot plaira à quelqu'un d'autre que moi) à ce que je fais. Mais ce que je raconte, ce qui se passe vraiment, les vrais enjeux de mon travail ne doivent pas être là pour vous séduirent, ils doivent s'installer directement en contre-point avec les méthodes que j'utilise. Les idées que véhiculent mon travail "séduisant" doivent monstrueuses ou dangereuses pour justement vous metre en garde contre toutes les formes de séduction.
    Enfin je crois.

    Posté par quelqu'un, 17.11.06 à 17:17 | | Répondre
  • toujours quelqu'un

    ARGUMENTATION
    "argumenter pour convaincre les gens d'aimer l'art", je suis tentée d'entendre par là: passer par un argumentaire reposant sur les enjeux et les interêts de l'Art contemporain pour convaincre les gens de vouloir comprendre ce qui s'y passe, d'y trouver un interêt.
    Quelque chose me chagrine.

    D'abord, cette idée suppose que l'on aborde seulement le pan "critique" ou "intelectuel" du rapport à l'art pour convaincre.
    Attention, je défend l'idée que l'Art emmene des "émotions" intelectuelles et une forme vive de plaisir par ce biais là (ne dit on pas: "ce que font les artistes c'est de la branlette intelectuelle", j'aime la notion de plaisir qui est supposée dans cette image, même si je préfererais parler de "partouze" intelectuelle).
    Mais l'Art est aussi (j'oserais presque dire AVANT TOUT) une chose SENSIBLE, n'est ce pas justement là que se situe son meilleur moyen d'expression?
    N'est ce pas justement de façon SENSIBLE qu'il doit argumenter?

    Voilà une reflexion un peu simpliste malgré tout, car il faudrait en fait ici parler de PLASTICITÉ, qui est la dynamique évolutive inhérente à la MATIERE et par laquelle les choses entrent en contact et se co-signifient mutuellement, impliquant une rapport de réciprocité. Elle est le territoire qui n'a pas de frontiere et dans lequel les choses ne peuvent être envisagées de façon isolée, elle s'oppose à la fragmentation ou à la disciplinarisation.
    S'il s'agit bien d'Art dont nous sommes en train de parler, alors il nous faut parler un langage "plastique" mettre en relation plusieurs éclairages sur une même question et ne pas aborder les choses de façon indivise, sans ilsolé une fonction par rapport à une autre.
    On ne peut tout simplement pas se satisfaire d'une position pro-argumentaire ou pro-séduction. Voilà l'idée que je tentais de faire passer en force dans mon premier message.
    j'espère avoir quand même un peu respecté les règles du jeu de ce débat car aprés tout rien n'avance avec un NON, mais j'espère également avoir été assez claire sur ma position, je ne peut me résoudre à aborder ce débat de façon bipôlaire.
    Tentons autre chose?

    Posté par quelqu'un, 17.11.06 à 18:29 | | Répondre
  • seduction

    SÉDUCTION

    - Toute la question est d’être suffisamment séduisante, pour que des gens qui ne comprennent pas, ou qui ne prennent pas de plaisir à appréhender une certaine partie de mon travail - qui est toute cette idée de discours, qui peut en effet paraître complexe - puissent quand même prendre du plaisir à regarder mon travail, et petit à petit avoir envie peut être d’aller chercher d’autres choses derrière cette “croûte” de séduction.
    Je sais que ces choix là que je fait (les choix qui font de mon travail quelque chose de séduisant ), ne dépendent pas d’une réflexion sur l’elitisme ou le populisme qu’on peut rencontrer dans certaines formes d’Art ou dans leurs critiques, même si c’est un choix politique, artistique, plastique, et critique. Il s’agit plus d’utiliser des codes préexistant liés à la séduction comme le marketing, ou les loisirs créatifs -qui produisent une certaine idée du beau- pour les détourner, pour anticiper ce qu’une idée du beau, véhiculée par une société de commerce et de communication, peut produire comme monstruosité.
    Cette séduction est déjà un questionnement sur une forme de monstruosité.

    - On ne maîtrise pas tout, pour moi c’est complètement instinctif.
    De plus je ne suis pas tout à fait dans la même position que vous parce que les questions que je me pose dans mon travail sont vraiment liées à la matière, à l’agencement, et au regard.
    Je ne me pose pas la question de savoir si c’est bien ou pas, mais par rapport à mon travail la question que je me pose c’est “est-ce-que je me laisse débordée par ça ou pas?”. Je n’en ai pas peur, je ne me dis pas “est ce que cette séduction n’est pas un emballage pour cacher quelque chose de vide?”; il est évident que de toute façon la séduction est une partie inhérente de mon travail et que je ne peut pas faire sans, puisque pour prendre un exemple je ne supporterais pas de placer deux couleurs qui ne vont pas ensemble l’une à côté de l’autre. La question ne se pose pas en terme de morale, “est-ce bien ou mal d’utiliser un procédé séduisant ?”, il est vraiment plus question de trouver un équilibre dans mon travail entre trop séduisant et pas assez séduisant.
    Mon travail repose sur cette idée d’équilibre je ne peut donc pas me permettre d’être submergée par cet instinct.
    Pour prendre l’exemple d’un autre travail, les boites, ce rapport à la séduction - ou plutôt à l’agencement des couleur et des matières - a été tellement poussé à l’extrême, je me suis tellement laissée submerger, que cet équilibre est perdu, on n’est plus dans un entre deux, ces boîtes ne veulent dire qu’une seule chose à la fois.




    - Pour moi en fait le principe de séduction ne s’installe pas au moment du choix, c’est à dire à la base du travail; il s’installe quand les choses sont faites,quand toutes les décisions ont été prises, ce n’est pas quelque chose de pré-calculé, c’est un truc qui vient après coup c’est à dire comme un constat. Je me dis: “tient, finalement j’ai séduit à travers ça” et c’est un fait, il n’y a pas de calcul. C’est a dire que ce n’est pas quelque chose qui s’installe dans le travail, mais c’est quelque chose dont je me rend compte après avoir montrer des travaux. C’est marrant parce que vous vous posez des questions que je n’ai pas du tout envie de me poser.
    Vous n’avez jamais fait l’experience justement d’évacuer totalement ce rapport de séduction, de ne même pas y penser et d’arriver à un moment ou c’est simplement un état de fait?

    - Ah mais je n’y pense pas ...

    - Oui, et moi je n’y pense pas non plus c’est simplement que...

    - Non parce que ça revient quand même dans la discussion!

    Posté par jess, 17.11.06 à 19:01 | | Répondre
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